Découvrir les rubriques de fact-checking
L’objet à analyser
Analyser les rubriques de fact-checking
Différents médias proposent leur rubrique de factchecking, Faky à la RTBF, Les Décodeurs au journal Le Monde ou encore la rubrique Vrai ou faux chez France info. Le ou la lecteur·rice peut y trouver les nouvelles qui circulent notamment sur les réseaux sociaux traitées par les journalistes. Dans une optique de rétablir ce qui est de l’ordre du fait et du fake, ils travaillent sur les informations qui circulent sur le web ou qui sont relayées par les personnalités politiques : une manière supplémentaire pour eux de se placer en garant de
l’information. L’avantage c’est que ces plateformes proposent une myriade d’exemples de fake news à mobiliser en classe, mais peuvent également devenir l’objet d’activités spécifiques. Alors que peuvent nous apprendre ces rubriques ?

Exemple de site :

Le fact-checking : l’essence du journalisme ?
Bien que ce format se soit particulièrement développé à partir de 20204, il n’est pas pour autant totalement nouveau. La vérification de l’information est en effet une composante inhérente au métier de journaliste. Tel que cité dans le Code de Déontologie Journalistique5, les journalistes « ne diffusent que des informations dont l’origine leur est connue. Ils en vérifient la véracité et les rapportent avec honnêteté ».
Les premières plateformes de ce type ont vu le jour dès la deuxième moitié des années 20004. À l’origine particulièrement articulée autour de la vérification des discours politiques, elles se sont petit à petit intéressées à d’autres sources d’information. Bien sûr, chaque rédaction suit sa propre ligne éditoriale : alors que certaines aimeront traiter de sujets viraux partagés sur les réseaux sociaux, profitant de ce format plus « léger » pour interroger des informations qui ne se retrouveraient pas dans d’autres rubriques, d’autres resteront focalisées sur des sujets davantage (géo)politiques.
Catalogue de Fake News
Ces plateformes proposent donc une série de fake news traitées journalistiquement. Pour chacune d’elle, le lecteur peut observer le statut de l’information : faux, trompeur, humour… mais ce qui est intéressant c’est de voir les thématiques de ces fakes news : ne serait-ce pas les mêmes sujets qui reviennent souvent ?
Face à une question qui mobilise souvent les élèves (“ Comment savoir si ce que je vois en ligne est vrai ? ”), ces rubriques offrent à la fois une première réponse sur le statut de l’info, mais aussi une belle opportunité de travailler son esprit critique sur ce corpus de fausses informations.
Déroulement
Activité pédagogique
L’enseignant·e demande aux élèves s’ils et elles se sont déjà posé la question de savoir comment vérifier une information vue sur les réseaux sociaux. L’enseignant·e peut noter les réponses au tableau et pourra noter des éléments comme : regarder les commentaires, demander aux parents, retaper l’info dans l’IA de Google, etc.
Ensuite l’enseignant·e demande si les élèves connaissent la notion de « fact-checking ». L’enseignant·e peut également noter les réponses au tableau. Ensuite, il s’agit de présenter via le tableau blanc interactif aux élèves une page d’accueil de sites de fact-checking.
Parcourez l’une des rubriques dédiées au debunking et tentez de repérer les différents types d’informations qui s’y retrouvent :
- Quelles sont les sources initiales de ces fausses informations ?
- Ont-elles été relayées sur les réseaux sociaux ? Par un journal ? Une personnalité connue ?
Ces informations ont-elles étaient créés de toutes pièces ? Ou est-ce une erreur de la part d’un individu ?
Si vous n’êtes pas à l’aise pour jongler entre les différents contenus, vous pouvez préparer cet exercice en amont en identifiant déjà plusieurs articles qui vous serviront de cas d’école pour expliquer les différentes notions.
Si, à l’inverse, vous êtes à l’aise avec ce type d’exercice, vous pouvez également le réaliser en direct avec les élèves, et les laisser décider des contenus à consulter. Cette seconde approche, plus complexe, peut-être à privilégier avec des élèves du secondaire supérieur. Si le contexte et que votre matériel le permet, pourquoi ne pas laisser les élèves faire eux-mêmes les recherches en petit groupe ?
Vous pourrez ensuite aborder une analyse formelle des différents contenus en comparant les rubriques issues de différents sites d’information. Cela vous permettra d’aborder ensemble la question de la ligne éditoriale d’un journal :
- De quoi parlent les rubriques ?
- Comment le titre est-il écrit ? Qu’est-ce qu’il met en avant ?
- Quelle image les journalistes ont choisie pour illustrer l’article ?
À qui pensez-vous que cette rubrique s’adresse ? Imaginez son public.
Une initiative de Média Animation asbl − desinfo.education 4/6
Prenons en exemple un échantillon la rubrique Check News du Libération et celle des Vérificateurs de TF1 :
Dans la rubrique » Check News » de Libération
- La grande majorité des articles parlent de politique et de géopolitique.
- Les titres suivent presque tous le même schéma : ils mettent d’abord le sujet dont parle l’article, puis une question ou une affirmation.
- Il n’y a qu’une image qui montre clairement une personne, les autres sont des images contextuelles ou illustratives qui témoignent d’une certaine volonté esthétique.
- Les articles semblent s’adresser à un public de personnes qui sont intéressées par la politique et qui ont déjà des connaissances sur le sujet
Dans la rubrique » Les Vérificateurs » de TF1 Info
- Les sujets parlent de sujets très différents. Il y en a deux avec la mention « Nouvelles technologies », un avec « élection municipale 2026 » et un avec « Transport ».
- Tous les titres commencent par « Vérif’ », ça donne l’impression d’un langage jeune ou familier. La majorité, ce sont des questions qui sont posées aux lecteur·rices.
- Les images ressemblent plus à des miniatures YouTube. Si vous êtes sur le site internet pour l’exercice, vous remarquerez que les images sont en fait des vidéos qui se lancent directement quand vous passez votre souris dessus.
- Les articles ont l’air de s’adresser un peu à tout le monde. Ils parlent de plein de sujets différents et ont l’air faciles à comprendre.
Enfin, sur base de ces observations, interrogez avec les élèves les raisons de ces choix stylistiques. Débutez par ces questions : Lequel des journaux auriez-vous tendance à croire ? Ou lequel vous intéresserait le plus ? Expliquez pourquoi.
En fonction de l’âge de vos élèves, vous pourrez interroger les élèves sur les mécanismes sous-jacents qui poussent les personnes à produire des fakes news. Cela vous permettra d’aller au-delà de l’identification des différents types d’informations fausses et de leur présentation.
- Pourquoi certaines fausses informations circulent-elles plus que d’autres ?
- Pour quelle raison les personnes créeraient-elles volontairement de fausses informations ?
- À qui profite cette information ?
- Quelle émotion cherche-t-elle à susciter ?
Arrivé au bout de cette découverte de ces rubriques, l’enseignant·e peut questionner les élèves sur des aspects un peu plus critiques :
Si les jeunes ont déjà croisé de fausses informations, à quoi ressemblerait leur fact-check ? Quel format cela prendait-il ?
Les articles de fact-checking portent-ils sur les infos que les jeunes ont l’habitude de voir dans leur réseau social ? Y a-t-il un décalage ?
Selon le point de vue des jeunes, que manquent-ils pour que ces articles soient plus attractifs à lire ?
Variante : désinfo, mésinfo, malinfo… quesaco ?
Étape 1 : Découvrir ce qu’est le fact-checking et à quels besoins cela répond
Un autre exercice peut également être proposé : expliquer en amont les différentes formes de fake news aux élèves :
- La désinformation : c’est l’intention volontaire de créer une information fausse.
Par exemple : un individu partage une photo d’un acteur qui pleure avec la description « la star pleure après sa rupture » alors qu’en réalité, la photo provient d’un film dans lequel l’acteur a tourné. - La mésinformation : c’est la diffusion par quelqu’un d’une information erronée indépendamment de sa volonté.
Par exemple : un·e journaliste relaye une information qu’il ou elle pense fiable, mais sa source s’était trompée ou lui a fourni une information erronée, indépendamment de leur volonté. - La malinformation : c’est la propagation d’une information réelle, mais avec la volonté de nuire.
Par exemple : une personne partage des informations privées sur une youtubeuse sans le consentement de cette dernière dans le but de nuire à son image.
La suite de l’exercice consiste à débusquer dans ces rubriques de fact-checking au moins un exemple de chaque « cas de fake news » (cfr plus haut).
Sources :
- Faky (fact checking) – RTBF Actus. (s. d.). RTBF. Consulté le 3 mars 2026. https://www.rtbf.be/dossier/faky-fact-checking
- Les Décodeurs – Actualités, vidéos et infos en direct (s.d). Le Monde. Consulté le 3 mars 2026. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/
- Vrai ou faux – Actualités, vidéos et infos en direct (s.d). France Info. Consulté le 9 mars 2026. https://www.franceinfo.fr/vrai-ou-fake/
- Farid Gueham (2022). Le fact-checking : une réponse à la crise de l’information et de la démocratie – Fondapol. (2022, 29 novembre). Fondapol. https://www.fondapol.org/etude/farid-gueham-le-fact-checking-une-reponse-a-la-crise-de-linformation-et-de-la-democratie/
- Code – CDJ. (s. d.). Consulté le 3 mars 2026. https://www.lecdj.be/fr/deontologie/code/